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L'archivage à l'épreuve de la photographie (partie 1) | Spark Archives

L'archivage à l'épreuve de la photographie (partie 1)

La photographie existe depuis les années 1820, quand Niepce, Daguerre et Talbot ont inventé les procédés photographiques ainsi que le moyen de disposer d'images positives sur papier. Dès lors, la photo n'a cessé de progresser. Si, durant le premier siècle de sa vie, elle a été réservée à quelques précurseurs passionnés, depuis, la pratique de la prise de vue s’est largement accélérée. Surtout à partir des années 1950, grâce à l’évolution technologique. Même si l'arrivée du numérique a provoqué une forte diminution des tirages papiers, les fonds photographiques, officiels ou particuliers, ne cessent d'augmenter. Seuls les supports ont évolué, les Daguerréotypes et autres plaques de verre ayant laissé leur place au papier puis désormais aux fichiers électroniques.

Au fil du temps se sont posées de nombreuses questions liées à la conservation des photos, l'archivage et l'exploitation. Surtout qu'il existe de nombreux fonds qui, de par leurs intérêts historiques, artistiques ou autres, doivent être préservés au même titre que les livres ou les tableaux.

De la gestion des fonds photographiques

Les photos sont des mémoires. Elles apportent d'inestimables témoignages de ce qui est passé. Même retouchées (comme les fameuses photos où des personnages ont mystérieusement disparu), elles reflètent un morceau d'histoire. Que les photographies soient d'usage privé ou du domaine artistique, il y a nécessité de les préserver de l’usure du temps et de les archiver afin de les exploiter. Ce souci de préservation est d'autant plus justifié pour la photographie qu'elle est devenue, malgré sa courte histoire, l'un des vecteurs culturels des plus répandus.

Bien que nécessaire, la préservation des photos pose d'importants problèmes, car elle est très délicate à assurer.

Différents supports, quoi conserver ?

Si les photos sont des images, ce sont aussi des objets physiques ou immatériels (fichiers). Les supports sont nombreux. Cela va de la planche de verre au fichier numérique en passant par les négatifs, les films positifs (que l'on nomme aussi diapositives), les planches contacts, les tirages papiers (ou autres supports), qu'ils soient de lecture ou d'exposition. On ne conservera pas et n'archivera pas les supports de la même façon.

Afin de comprendre la problématique à laquelle est confronté un gestionnaire de fonds face à l'archivage, voici quelques exemples de support :

  • Daguerréotype : procédé photographique produisant une image sans négatif sur une surface d'argent. Le procédé évoluera plus tard sur des supports en verre.
  • Planche contact : Matrice de vignettes sur papier, issue du transfert sur papier des négatifs. Très utilisés par les photographes pour effectuer leur choix et indiquer les premières caractéristiques de tirage.
  • Tirage papier de lecture : Il s'agit d'une épreuve réalisée en vue d’arrêter les différentes caractéristiques souhaitées pour le tirage définitif.
  • Tirage de collection ou d'exposition : Il s'agit de tirages originaux réalisés en vue de leur vente ou de leur exposition.
  • Tirage de presse : Tirage en série obtenu par procédé photomécanique, sous le contrôle du photographe.
  • Retirage : Un retirage est un tirage réalisé hors du contrôle de l’auteur, à partir du négatif original.
  • Fichier numérique de type JPEG, issu d'un boîtier numérique : image photo numérique, déjà interprétée et modifiée par le boîtier, selon des critères échappant au photographe. Ce type de fichier ne laissera que peu de possibilités de Post-Traitement par ce dernier.
  • Fichier numérique de type RAW, issu d'un boîtier numérique: Données brutes issues du capteur, nécessitant un logiciel pour interpréter et produire une image visible. Ce type de fichier offre toute latitude pour un Post-Traitement numérique, similaire au travail d’un photographe ou du tireur en chambre noire.

Potentiellement, pour un cliché, il peut exister plusieurs médias. Ce qui augmente les besoins de stockage et pose un problème pour déterminer le cliché original. Que faut-il conserver ? Le gestionnaire de fonds photographique est face à un dilemme entre le cliché initial (mais lequel) et toutes les redondances. Une interrogation qui n'est pas anodine, car, si certains semblent indispensables (comme le négatif/film positif et le tirage original), d'autres le sont peut-être moins. Pour chaque fonds photographique des réflexions doivent donc être menées sur le devenir des autres médias quand ils existent.

Comment conserver ?

Les fonds photographiques, quelles que soient leurs formes, demandent à être conservés dans un espace de stockage dédié, dans un but de conservation à long terme. Ce qui nécessitera la mobilisation d’une compétence spécialisée, un archiviste photographique.

Quand le fichier est numérique, ce sera sur des supports informatiques. Souvent l'image d'origine sera accompagnée de fichiers annexes regroupant les caractéristiques de traitement permettant de recréer le résultat tel que l'a voulu l'auteur (ce fichier peut être inclus dans un "conteneur" informatique ou être à côté du fichier). Comme pour tout document informatique, il conviendra de mettre en place une procédure de stockage sauvegardé afin d'en garantir la pérennité en cas de perte de données.

Pour une photographie non numérique, les conditions de stockage sont plus strictes, car elles doivent permettre de conserver les photos en parfait état. Ainsi, l'environnement doit être sans humidité (sous peine de formation de moisissures qui détruiront les photographies papier par exemple), avec un taux d'hygrométrie ne dépassant pas les 25 %, sans variation de température (20° idéalement, plus ou moins 1°), à l'abri du soleil ou autres sources de chaleur (convecteur et lampe halogène sont à proscrire). Sans compter une ventilation suffisante. En cela, l'archivage des photos est très similaire à l'archivage papier.

Si la numérisation des fonds photographiques argentiques semble être une solution pour leur préservation dans l'avenir, un certain nombre d'archivistes photographiques, réunis autour de la déclaration de Florence (octobre 2009), estiment qu'il s'agit là d'un analogue de remplacement qui ne peut remplacer l'artefact d'origine. Il s'agirait plutôt de 2 objets distincts, non interchangeables, avec des caractéristiques et des destinations différentes. Une numérisation d'une œuvre analogique a donc pour but de compléter et non de remplacer.

Quel(s) auteur(s) ?

Quel auteur doit-on privilégier ? Le photographe ? Le tireur original ou les nouveaux tireurs ? Le photographe est celui qui a pris la photo. Le tireur est celui qui transforme, selon les directives du premier, le cliché qui se trouve sous format argentique (positif ou négatif) ou numérique (d'origine RAW essentiellement) en une image papier ou numérique.

Si souvent le photographe est lui-même tireur, il peut aussi choisir de ne jamais assumer cette fonction. Ainsi, Sebastiao Salgado, grand photographe brésilien, prend les clichés, mais confie toujours le tirage à des personnes qui agiront en fonction de ses choix. La plupart du temps, ce ou ces derniers restent des inconnus. Il n'est pas le seul à agir ainsi ce qui pose la question légitime de l'auteur de la photo, car si c'est effectivement le premier qui prend la photo et donne ses directives de traitement, le second n'est pas moins responsable du résultat final. Un peu comme le nègre d'un écrivain.

Les 3 grandes problématiques de la gestion de fonds photographiques

La gestion des fonds photographiques repose sur trois éléments essentiels : l'évaluation de l'intérêt des fonds, leur valorisation ainsi que la prise en charge de leur gestion.

L'évaluation de l'intérêt des fonds

Évaluer un fonds photographique, c'est à la fois apprécier l’intérêt d'un fonds et anticiper les moyens à mettre en œuvre pour en assurer la conservation, la documentation et la valorisation. Il existe aujourd'hui des critères assez simples pour déterminer l'intérêt d'un fonds photographique.

Tout d'abord, il s'agit de déterminer son importance au regard de l'histoire nationale ou locale, de l'histoire de la photographie, de l'histoire des techniques ou des autres collections de l'institution.

Ensuite, il convient de rechercher tous les éléments permettant d'identifier chaque photographie. Il s'agit là d'un vrai travail d'enquête afin de constituer une "biographie" de chaque photographie, avec recherches des inventaires, correspondances, publications, d'information comme le temps de réalisation et la technique appliquée ou son inclusion dans une collection. Il sera aussi nécessaire d'identifier le producteur du fonds (administration, artiste, collectionneur, éditeur, photographe professionnel, etc.) et d'en authentifier le ou les créateurs (par la signature des photos par exemple). Tous ces éléments seront conservés avec le fond, car ils en permettront la bonne compréhension.

Leur valorisation

Avant même de penser aux services qui pourront être proposés, la valorisation des œuvres photographiques va être confrontée à un certain nombre d'enjeux.

L'archiviste va devoir identifier, parmi les images, celles pour lesquelles une autorisation d’exploitation est requise. En France, le photographe est titulaire du droit d'auteur de ses photos pour peu qu'elles soient originales. Autant dire que ce concept d'originalité fait souvent débat dans les cours de justice. Par contre, si l'originalité est reconnue, l'auteur disposera "d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous" (articles L 111-1 à L123-12 du code de la propriété intellectuelle). Son autorisation, de lui ou de ses ayants droit sera donc indispensable. 

A noter que les photographies contenues dans les fonds d'origine privée sont soumises aux conditions d'accès et de reproduction établies pour chaque fonds. Les photographies appartenant à des fonds publics sont soumises à d'autres règles de communicabilité, comme l'article L213-1 à 8 du code du patrimoine (Les photographies contenues dans les fonds publics suivent les règles de communicabilité appliquées par la loi à ces mêmes fonds).

Au vu de l'immense production des œuvres photographiques, l'archiviste gestionnaire de fonds photographique est souvent face à un défi quand il s'agit d'obtenir les autorisations nécessaires. Un certain nombre d'œuvres peuvent être en effet orphelines du fait de l’ancienneté des fonds concernés, des auteurs ne peuvent être identifiés.

Ce n'est qu'une fois les problématiques de droit résolues que les fonds pourront être valorisés, sous forme de services à proposer. Cela ira de la diffusion en ligne aux expositions en passant par la vente de reproduction. Souvent une dimension économique pourra (ou devra) être envisagée, car l'entretien de ces fonds coûte cher.

La gestion des fonds en elle-même

Il reste une dernière problématique, celle qui va concerner la gestion de toutes ces archives.

Pour le grand public, cela passera par des albums photos et autres boîtes à chaussure (pour les photographies analogiques) ou par des solutions basées sur des catalogueurs d'images (un des plus connus étant sans doute Adobe Lightroom). Ces solutions ne sont pas toujours en accord avec les besoins des entreprises, fondations, organismes et autres. Il conviendra donc de se tourner vers des progiciels d'archivage dédiés.

Face à la multiplication des fichiers numériques, l’utilisation des logiciels de Digital Asset Management (DAM) va s'imposer, car ils permettent la gestion de l’intégralité des cycles de vie dans le système. Cela passe par le classement des fichiers selon un plan de classement prédéfini, par leur stockage et leur archivage, mais aussi par leur visualisation. Grâce à l'indexation de différentes informations comme les métadonnées, les données EXIF, IPTC, XMP ou ID3, le contenu, et tous les tags renseignés par l'archiviste, la recherche sera facilitée pour les utilisateurs. Les dernières améliorations permettent même désormais la recherche de visages ou de lieux identiques.

Pour les œuvres analogiques, des logiciels d'archivages traditionnels (ceux qui gèrent les archives papier) peuvent s'avérer être l'outil par excellence. Ils proposent en effet des fonctionnalités pour couvrir les processus archivistiques (comme le versement, la consultation ou la conservation) et gérer des archives papier, des documents numérisés et des documents électroniques en se basant sur des référentiels (plan de classement, règles de conservation et de communicabilité. Tout ce dont un gestionnaire de fonds photographiques a justement besoin.

Gérer un fond photographique analogique, c'est comme gérer des archives papiers, avec quelques ajustements (comme l'ajout d'une vignette de visualisation de l'oeuvre). Il est donc possible d'utiliser Spark Archives à cette fin. Une solution qui peut être envisagée.

Fréderic VERGOZ
Chef de Projet Spark Archives
Passion : Photo

Tags:  photo

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